
LE MASQUE MORTUAIRE DIT "ARNOTT" (suite et fin) Commentaire de la part de "Chebec" qui apporte un judicieux argument "technique" qui va à l'encontre de la thèse d'un masque en cire réalisé, en secret, par le docteur Arnott Il me semble que, nonobstant les difficultés pratiques qu'aurait rencontrées Arnott et que vous mettez en évidence, il aurait rencontré aussi des problèmes "techniques". Il n'aurait pas pu exécuter ce travail sans que personne ne s'en aperçoive tout simplement parce que, pour prendre l'empreinte de quelque chose avec de la cire (de bougies fondues de plus !), il faut que cette cire soit très, très chaude ce qui aurait endommagé visiblement l'épiderme du visage de l'Empereur, sans compter que, pour que cette empreinte puisse être ensuite "détachée" d'un tel support, il aurait fallu disposer de certains produits afin de faire une base permettant ensuite cette opération, certes M. Arnott pouvait éventuellement posséder ce qu'il fallait mais tout ceci n'aurait pas été sans laisser de traces ! Information importante fournie par "d'Hautpoul" qui donne l'extrait d'un article paru en 1954 dans le magazine La Science Historique. En préface de cet article, qui concerne l'expertise du professeur Franz Stadmüller, il est écrit: Jusqu'à ces dernières années les masques Arnott passaient pour être en cire massive. L'expertise faite en 1952 par le professeur Stois, de l'Ecole Technique de Munich, a établi que la matière dont est fait l'exemplaire bavarois est "une composition de gypse renforcée de fils de lin". La tonalité jaune de la partie superficielle du masque est due à une application trés légère de couleur que recouvre encore une couche de cire. Note: le masque Arnott ne serait donc pas fait de cire, comme on l'avait cru, mais d'une composition contenant du... gypse. Nous nous éloignons donc encore plus de la thèse du masque réalisé par Arnott avec de la cire de bougies. Qui plus est, le gypse n'était pas abondemment présent dans l'île de Sainte-Hélène car le docteur Burton avait dû demander l'aide de la Marine pour aller en chercher dans un îlot voisin, au cours de la nuit du 6 mai 1821. Arnott ne pouvait certainement pas avoir disposé de gypse lui-même dans la nuit du 5 mai ! Le croquis d'Arnott Il convient aussi de noter l'excellente étude sur Arnott et son masque dans le site Napoléon Prisonnier. ![]() Le croquis Arnott (source site NapoléonPrisonnier.com) Cet article mentionne aussi l'existence d'un croquis de Napoléon sur son lit de mort, supposé avoir été fait par le docteur Arnott. Ainsi, en plus d'avoir été l'auteur d'un masque en cire, il aurait aussi eu des talents de dessinateur ! Las, le docteur Arnott n'a jamais affirmé avoir été l'auteur d'un croquis et aucun mémorialiste ne le mentionne non plus dans la liste des artistes amateurs qui ont été recensés au chevet du défunt à cette époque. Certes, on pourrait croire que le docteur ait réalisé, là encore, ce croquis "de façon secrète", pendant la nuit du 5 au 6 mai... Mais rappelons qu'il ne s'est jamais trouvé seul dans la pièce avec la dépouille de Napoléon, qui avait été veillée par Vignali et des serviteurs. De plus la ressemblance extrême entre le croquis d'Arnott et le masque d'Arnott est suspecte et, comme le dit le dicton "la mariée est bien trop belle" ! Il faut se rendre à l'évidence: le croquis a été fait pendant ou après la création du masque Arnott. Peut-être était-ce un croquis réalisé par le créateur du masque pour illustrer l'oeuvre qu'il s'apprêtait à réaliser? Peut-être était-ce un croquis fait par une tierce personne, après l'apparition du masque sur le marché, d'autant qu'un croquis existait déjà en 1855 pour l'article du magazine anglais. En tout cas, l'existence même du croquis est une preuve supplémentaire, s'il en était besoin, d'une escroquerie. ![]() Le masque Arnott vue de profil (source: article de 1855), orienté dans la position du croquis Est-ce le mot de la fin? Si vous avez d'autres commentaires au sujet de cet article, n'hésitez pas à me contacter. Albert Benhamou Mars 2011 |
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