L'AUTRE SAINTE-HÉLÈNE
L'autre Sainte-Hélène - The other St. Helena

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LE JOURNAL DU LIEUTENANT OAKLEY
DU 20è RÉGIMENT D'INFANTERIE

Réflexions sur la captivité de Napoléon

L'écrit qui suit est tiré du journal d'Oakley et fait référence à une correspondance qu'il a eu en 1822 avec le docteur Arnott. Ce dernier, quelques temps plus tard, cette même année, publia un petit ouvrage où il tenta de donner sa version sur la maladie et la mort de Napoléon, mais qui lui valut la critique de ceux qui avaient connu la vérité. Mais ils étaient peu nombreux à l'époque, il est vrai. Voir le chapitre Arnott du livre L'autre Sainte-Hélène pour en savoir plus.

Dr Archibald Arnott
Le docteur Archibald Arnott

~ ~ ~ ~ ~

Sainte-Hélène, le 20 mars 1822 [1]
Le docteur Arnott vient de me montrer une lettre datée du 4 septembre 1821 (le lendemain du retour du navire HMS Hero à Sainte-Hélène) de la part du Lt-Colonel Gorrequer [2], secrétaire militaire, dont ce qui suit en est la substance:
Monsieur
Le Brigadier-Général Coffin [3] m'a ordonné de vous communiquer son souhait que vous établissiez, par écrit, à l'intention du gouvernement de S.M., si le général Buonaparte était en possession de ses facultés mentales le 16 avril 1821 [4a]. Il serait sans doute préférable que votre déclaration soit faite sous forme de certificat.

Le docteur Arnott m'a lu sa réponse qui était de la teneur suivante:
Je me suis référé aux notes que je prenais de façon journalière pendant que je m'occupais du général Buonaparte et ai trouvé qu'il était en complète possession de ses facultés mentales le 16 avril 1821. [4b].

Le docteur Arnott m'a alors lu des notes qu'il avait prises ce jour-là:
Napoléon m'a dit qu'il avait écrit au Prince Régent [5] pour demander que sa dépouille ne soit pas envoyée à Londres, que ce serait une honte éternelle envers la nation, que ses cendres s'élèveraient en jugement contre la nation, qu'il souhaitait être enseveli au cimetière du Père la Chaise, entre Masséna et Lannes [6]. Il a dit au Prince Régent qu'il était mourant et a ajouté que ce serait une honte  de garder un homme sans défence sur un rocher. Que l'oligarchie d'Angleterre serait bientôt renversée, et que le docteur Arnott pourrait vivre pour en être témoin, et que Lord Bathurst et beaucoup d'autres pourraient vivre pour en être témoins [7].

Il a toujours parlé avec amertume des ministres mais avec admiration envers la nation [8]. Le docteur Arnott est certain que Napoléon est mort avec le sentiment que sa dépouille allait être envoyée en Angleterre [9].

Ni Archambault ni aucun autre domestique, excepté Marchand, semblait avoir un rang au-dessus de la valetaille.
Saint-Denis était communicatif et m'avait complimenté sur ma prononciation; il se référait à Madame Bertrand avec une grande familiarité - il disait qu'elle était la marraine de son enfant [10]. Son épouse était une Anglaise, et son nom de jeune fille était Mary Hall.
Pierron, le maître d'hôtel, était un bonhomme ingénieux, et a fait beaucoup de bric-à-brac; c'était un bonhomme morose, qui n'était pas apprécié par l'Empereur, Bertrand, Montholon, les domestiques, et Lutyens.
Marchand avait beaucoup d'un gentleman dans ses manières; on dit qu'il est maintenant dans de bonnes sphères [11], et qu'il possédait une propriété importante en France. Il était très aimé par l'Empereur qui, juste avant sa mort, avait signifié à Montholon qu'il souhaité qu'on lui confère le titre de Comte, soit par le Roi de France ou par l'Empereur d'Autriche [12]. Marchand était très bon dessinateur. J'ai vu un des ses portraits de l'Impératrice Joséphine, avec un de ses fils, suspendu au-dessus de la cheminée à Longwood [13].

Vue de Longwood par Marchand
Vue de Longwood par Marchand

Arnott m'a dit que le docteur Antommarchi, bien qu'il ait été bon anatomiste, était tout à fait ignorant quant à la nature de la maladie [14]. Je l'ai entendu exprimé cette même opinion à plusieurs reprises. Antommarchi est un jeune homme, je dirais, pas plus âgé que 30 ans. Il parlait très mal le Français, en utilisant beaucoup de mots italiens, et dans une voix forte. Worthman [15] avait l'habitude de dire que son language était sans valeur. La plupart de son temps, il dessinait des planches [16]. Ses manières étaient grossières. Apparemment, il n'a jamais progressé dans la bonne société. Napoléon le traitait de façon très brutale, en l'appelant un ignare. En manipulant sa dépouille, et en prenant un moule de son visage, afin d'en faire un buste, il l'a fait de manière brutale [17] en l'appelant "le laddosi" [18]. C'est lui qui a ouvert le corps pour l'autopsie, et l'a très bien fait.

Le vieux  prêtre, l'abbé Bona Vita [Buonavita], était très vieux et frêle. Le plus jeune (Vignali) était petit, épais, à l'allure vulgaire, ayant juste l'aspect général des prêtres irlandais - à l'air plutôt morne avec les yeux baissés. Lutyens m'avait informé que, lorsqu'il avait été présenté à Napoléon, il l'avait trouvé tellement ignorant des sujets généraux, particulièrement en Histoire, qu'il avait souhaité qu'il ne se présentât pas en face de lui jusqu'à ce qu'il eût lu quelques ouvrages d'Histoire qu'il nomma. Il s'y est appliqué avec une grande assiduité et avec succès [19].

Un matin, il a joué un tour amusant. Cela a dû se passer vers le milieu de 1820, lorsque Napoléon prenait l'air occasionnellement à cheval dans le bois. Après la montée de la garde (huit heures), j'ai vu quelques hommes courir à partir des baraques du colonel South et, leur en demandant la raison, ils m'ont dit de regarder du côté de la route qui s'étendait le long de l'autre côté du ruisseau et que j'y verrais Napoléon [20]. J'ai regardé dans cette direction et ai vu deux hommes à cheval se dirigeant très rapidement vers Longwood. Ils avaient passé à travers le camp, jusqu'au champ de courses, et s'en retournaient. L'homme chevauchant à l'avant portait une veste courte de nankin et un chapeau de paille rabattu, et tout le monde avait conclu qu'il s'agissait de l'Empereur lui-même, car il portait habituellement cette tenue le matin. Notre payeur, qui s'était trouvé près de lui lorsqu'il a chevauché à travers la plaine, l'a instantanément reconnu à partir de sa ressemblance avec l'effigie sur une pièce de cinq francs, et lui a fait une profonde révérence qu'il ne lui a cependant pas retournée. Quant au second cavalier, nous savions qu'il s'agissait d'Archambault (le maître piqueur). Lutyens, qui suspecta le tour, s'est mis sur leur chemin lorsqu'ils sont rentrés dans l'enclos, ce sur quoi le prêtre lui avait paru très confus et ne l'a jamais refait [21].

Napoléon en veste de nankin et chapeau de paille
Napoléon en veste de nankin et chapeau de paille

Napoléon en tenue de jardinier - Horace Vernet
Napoléon en tenue de jardinier - Horace Vernet

J'avais essayé, en me tenant près de la dépouille, le lundi après que Napoléon soit décédé, d'obtenir quelque information au sujet des derniers moments de l'Empereur. Tout ce que j'ai pu apprendre c'est qu'il était mort dans la foi de l'église romaine [22].

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Oakley mourut le 2 juin 1835 à Belagavi, près de Goa, en Inde avec le grade de capitaine. Le couple Oakley avaient un seul fils, Charles Edward, né en janvier 1832. Il mourut à Rhyl, au Pays de Galles, en septembre 1865. La veuve du capitaine Oakley, celle qui avait enseigné aux enfants Bertrand, vécut jusqu'en 1892 et décéda à l'âge de 85 ans à Rhyl. C'est elle qui fournit les détails du journal de son mari pour les annales du Lancashire Fusiliers qui les a publiés sous le titre "Captain R.C. Oakley". L'ensemble du journal est maleureusement inconnu aujourd'hui et se trouve vraisemblablement dans une collection privée ou familiale. Il faut espérer qu'il sortira de l'ombre un jour car les lecteurs de cet article peuvent déjà apprécier l'intérêt de son contenu pour apporter un témoignage de "l'envers du décor" de la captivité de Napoléon à Sainte-Hélène.

Albert Benhamou
Février 2012


Notes:

[1] Une partie du 20è régiment, dont Oakley et Arnott, se trouvaient encore en poste à l'île de Sainte-Hélène en 1822. Après la mort de Napoléon, le régiment a été relocalisé à Francis Plain. Le Lt-Colonel James Ogilvie est arrivé à Sainte-Hélène en septembre 1821 pour prendre le commandement du régiment en remplacement de South.

[2] Le major Gedeon Gorrequer, secrétaire militaire de Sir Hudson Lowe, dirons-nous malgré lui, a été promu à son retour en Angleterre. Pendant la captivité, à partir de juillet 1817, il avait tenu un journal secret qui n'a été déchiffré et publié qu'en 1969.

[3] Le général Pine-Coffin (nom signifiant "cercueil en pin") était en charge des troupes dans l'île au moment de la mort de Napoléon. Il avait remplacé le général Bingham à ce poste.

[4a] La demande n'était pas anodine car Napoléon a rédigé son testament à partir de cette date. Il s'agissait donc de savoir s'il avait eu toutes les facultés pour le faire... Dans le cas contraire, c'est tout le testament de Napoléon qui aurait été annulé !

Testament de Napoléon
Testament de Napoléon

[4b] Arnott a quelque peu caché la vérité dans sa réponse car, le 16 avril 1821, il avait envoyé une note secrète au Gouverneur pour lui indiquer qu'il avait trouvé le malade abattu physiquement, l'esprit très agité et le moral très déprimé (voir rapport complet dans L'autre Sainte-Hélène, page 298). Heureusement qu'Arnott a caché ces détails dans sa réponse de 1822, ce qui aurait causé de graves soucis aux exécuteurs testamentaires. Mais pourquoi Arnott a-t-il caché ces détails? Parce qu'en 1822, il avait depuis longtemps changé d'attitude envers son rôle passé auprès de l'illustre malade. En effet, alors qu'en avril et mai 1821, il avait été sous l'emprise de la crainte du Gouverneur Hudson Lowe, son attitude a commencé à changer dès le lendemain de la mort de Napoléon: il s'était rendu compte que le défunt lui avait légué un présent et une forte somme, et avait probablement ressenti quelques remords à avoir minimisé l'état de sa maladie dans la plupart des bulletins médicaux envoyés au Gouverneur (pour ces bulletins, voir chapitre Arnott dans L'autre Sainte-Hélène). En 1822, Arnott était déjà en train de rédiger son petit ouvrage, presque sur un ton apologiste, destiné à montrer au monde qu'il n'avait pas pu sauver Napoléon de sa maladie incurable, en n'omettant pas, là encore, de mentionnet les rapports médicaux "officiels" du moment. Il est probable qu'en 1822, Sir Hudson Lowe, de retour à Londres, n'a pas été mis au courant de la demande de "facultés mentales" faite à Arnott autrement il n'aurait pas manqué, lui, de produire le bulletin officiel du docteur à cette date du 16 avril 1821.

[5] Le roi George III est mort le 29 janvier 1820 donc, techniquement, le Prince Régent était déjà devenu le roi George IV. Mais il avait tenu le titre de Régent pendant si longtemps, depuis 1811, que, populairement, il était encore resté "le Prince Régent". De plus, ses pouvoirs avaient été grandement réduit par la loi de Régence de 1811 et, à son avènement en 1820, ces pouvoirs royaux ne furent pas rétablis comme ceux de son père. Concernant cette lettre au "Prince Régent", dont parlait ici Arnott, il ne s'agissait pas d'une lettre à proprement parler mais plutôt du testament de Napoléon dans lequel il exprima son souhait que ces cendres soient envoyées à Paris.

[6] La mention de Masséna et de Lannes montre à quel point Napoléon appréciait ces deux maréchaux en particulier. Lannes, notamment, fut le seul à pouvoir le tutoyer, même après qu'il fut devenu "empereur". Cependant, Lannes fut inhumé au Panthéon en 1810, et non au Père Lachaise. D'ailleurs, dans ses Cahiers, à la date du 22 avril 1821, Bertrand note que Napoléon lui aurait parlé d'être enterré entre Masséna et Lefebvre. Et c'est lui qui a raison car les tombes de Masséna et Lefebvre sont effectivement voisines l'une de l'autre, dans la division 28 du cimetière du Père-Lachaise. Bien que Lefebvre ne soit mort qu'en septembre 1820, il est probable que Napoléon ait appris la mort et le lieu de l'enterrement de Lefebvre par un journal reçu à Longwood.

[7] La prédiction se réalisa car le parti conservateur dut renoncer au pouvoir après la mort subite de Lord Liverpool en 1828 et une dernière tentative d'un cabinet dirigé par Lord Wellington qui finit par démissionner en novembre 1830. Lord Bathurst mourut en 1834 et le docteur Arnott en 1855. Voir article complémentaire sur ce site concernant la mort et le lieu de sépulture des principaux acteurs de l'épisode hélénien.

[8] La lettre, jusqu'à ce point, a aussi été reproduite dans l'ouvrage du Major Benjamin Smyth, History of the XX Regiment, en notes des pages 284-285. Le chapitre XXIV de cet ouvrage est consacré à la mission de ce régiment à Sainte-Hélène entre 1819 et 1821. Un appendix en fin d'ouvrage est consacré au docteur Arnott.

[9] Napoléon avait aussi parlé de cette éventualité à Bertrand.

[10] Au sujet de la naissance de la fille de Sainte-Denis, voir article sur Clémence.

[11] Napoléon avait souhaité faire un sort à son fidèle valet de chambre, qu'il aimait beaucoup. Il demanda à ce qu'il trouve une fille d'un de ses généraux pour se marier, ce qui fut fait au retour en France car Marchand se maria avec la fille du général Brayer.

[12] Ce témoignage montre peut-être que Marchand n'avait pas eu tort de réclamer ce titre de Comte malgré les moqueries et le saubriquet de "Comte la Virgule" qu'on lui affubla, selon le testament ambigu de Napoléon.

[13] Je ne connais pas ce dessin de Marchand, mais peut-être s'agissait-il plutôt de l'Impératrice Marie-Louise et du Roi de Rome.

[14] C'est "l'Hôpital qui se moque de la Charité"... car Arnott lui-même en était ignorant et, pire, il déclarait que Napoléon souffrait simplement mentalement de sa condition de captif. Lire le chapitre Arnott du livre L'autre Sainte-Hélène pour connaitre les vrais rapports du docteur pendant la maladie de Napoléon. Bien entendu, avec sa publication de 1822, Arnott mentira sur toute la ligne en affirmant qu'il avait compris la cause de cette maladie.

[15] Le lieutenant Hale Young Wortham faisait partie du corps Royal Engineers et était sous les ordres du major Emmett. Tous deux étaient employés aux travaux de construction de la nouvelle maison de Longwood. Emmett et Wortham n'étaient pas appréciés du gouverneur Lowe et c'était réciproque. Le jeune Wortham a défendu son ami Lutyens lors de son altercation avec Jackson au sujet du livre offert par Napoléon, et fut retiré de son poste aux travaux de Longwood. Dans son journal secret, Gorrequer les surnommait affectueusement "Bricks and Mortars", ce qui est traduisible par "Matériaux de Construction". Tous deux étaient arrivés à Sainte-Hélène en avril 1816 en même temps que Sir Hudson Lowe.

Hale Young Wortham
Hale Young Wortham, dans sa vieillesse

[16] Il s'agissait sans doute de croquis pour compléter les planches anatomiques du futur ouvrage de Mascagni. Pour connaître les détails de cette affaire, pour laquelle Antommarchi fut traduit en justice à Florence après son retour de Sainte-Hélène, lire L'autre Sainte-Hélène, pages 220, 367-368.

[17] Lorsque les manipulateurs avaient retourné la dépouille de Napoléon pour prendre l'empreinte en plâtre du crâne, ils abimèrent l'arête du nez impérial. Outre Antommarchi, les autres manipulateurs furent Noverraz et Saint-Denis, donc on ne saurait reprocher au seul Antommarchi l'erreur de manipulation en question.

[18] Peut-être s'agissait-il du mot "lardo" en italien, qui signifit "lard"? Ceci aurait été un terme possible, quoique grossier, dans la bouche d'Antommarchi pour désigner une dépouille, assez grasse de surcroît.

[19] Ces détails ont été confirmés par le comte de Montholon dans une conversation avec le gouverneur Sir Hudson Lowe en 1820 (voir L'autre Sainte-Hélène, pages 241-242) et dans des lettres à son épouse. En final, Napoléon avait su apprécier la bonne volonté de Vignali, malgré sa simplicité, et lui légua la somme méritoire de 100.000 francs dans son testament.

[20] On peut constater par ce simple témoignage comment la seule perspective de voir le célèbre Napoléon remuait officiers et soldats qui ne voulaient pas manquer cette rare occasion.

[21] L'anecdote se déroula le matin du 24 juillet 1820. Beaucoup d'historiens ont écrit qu'il s'agissait d'une tentative de Napoléon pour voir s'il pouvait faire croire à ses gardiens qu'il s'évadait, mais il n'en est rien. Il s'agissait d'un simple malentendu d'après les conversations qui ont suivi et rapportées dans les archives Lowe Papers (notamment la conversation entre Gorrequer et Gentilini du même jour). Napoléon lui même était malade à ce moment-là. Vignali et Archambault étaient sortis trois fois de la même façon cette semaine-là mais ce fut la sortie du 24 juillet, lorsqu'ils se dirigèrent vers Deadwood, qui occasionna la curiosité et le brouhaha dans tout le camp ! Vignali n'est plus ressorti de la même façon après ce malentendu en dehors de sa volonté.

[22] Oakley était ami avec Robert Grant et le lieutenant George Horsley Wood. Avant de décéder de tuberculose en décembre 1820, Grant, aspirant de marine, était soigné par son ami Wood, en charge du groupe de gardes posté à Mason Stock House, sur une colline sur la face sud de Longwood. Ce groupe de dévôts s'était mis en tête de gagner le salut de l'âme de Napoléon. Un chapître leur est consacré par Chaplin dans son Who's Who, pp. 205-209.


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