L'AUTRE SAINTE-HÉLÈNE
L'autre Sainte-Hélène - The other St. Helena

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ITINÉRAIRE NAPOLÉONIEN (et personnel) À SAINTE-HÉLÈNE
par Jean Fratoni



De décembre 1815 à mai 1821 (suite)

Chapeau et redingote –impeccables, empesés, ceux-là ne prétendent pas être les vrais, ni même des vrais, malgré les  innombrables vrais chapeaux de Napoléon –sans compter les innombrables vraies mèches de cheveux, les innombrables masques mortuaires, tous les morceaux du vrai cercueil, et même les deux familles (les Bennett et les Pritchard) qui continuent de se disputer l’honneur, sans doute à tort toutes les deux, d’avoir sacrifié la table d’acajou de leur salle-à-manger pour confectionner ledit cercueil …
Chapeau et redingote

Cette petite pièce tendue de mousseline blanche fut tapissée de noir quand elle servit de chapelle ardente après l’autopsie. C’est là que défilèrent soldats et îliens les 6 et 7 mai 1821 devant le corps en tenue d’apparat, allongé sur le manteau de Marengo.
 
Napoléon n’est pas mort dans sa chambre, trop exiguë pour permettre l’assistance permanente que son état exigeait vers la fin : son lit ou plutôt ses deux lits ont été transportés dans le salon en avril 1821, trois semaines avant sa mort. Accessoirement, aucun des lits exposés n’a réellement été celui de l’Empereur (les originaux sont en France).

Ladite chambre, en cours de réaménagement lors de notre visite, ne faisait pas partie du circuit prévu, mais on voulut bien l’ouvrir un instant aux visiteurs sympathiques ou insistants.
Lits de Napoléon
La chambre de Napoléon
 
Chère à Napoléon (et à Jean-Paul Kauffmann dans sa trop célèbre promenade olfactive), voilà à quoi ressemblait la minuscule salle de bains dans la lumière matinale quand il faisait soleil. L’Empereur y prit son premier bain chaud dès son arrivée, le 10 décembre 1815 (son premier vrai bain depuis près de six mois). Ensuite, plus la vie lui devint pesante et inutile et plus il y passa de temps, yeux clos, dans une semi-torpeur. Des serviteurs chinois vidaient l’eau avec des seaux faute de système d’évacuation. La baignoire de cuivre authentique, retrouvée et pieusement emportée en France par les visiteurs de 1840, fut réinstallée au XXème sous l’égide de la Société des Amis de Sainte-Hélène.
Salle de bain de Napoléon
Salle de bain de Napoléon
 
La route par où on quitte Longwood House, avec ses arbres fortement penchés par le vent, et le brouillard dans le fond, comme souvent... Il faut l’imaginer encore plus nue, dépouillée d’arbres et de constructions, mais c’était le chemin de l’espoir tout de même…
La route vers la liberté
La route vers la liberté...

Pour Jamestown, à une dizaine de kilomètres, il faut prendre tout droit, jusqu’au bord du plateau, longer les ravins à main gauche puis tourner à droite à Hutt’s Gate, et on finira par la descente périlleuse à flanc de montagne jusqu’à la mer. Si on prend le chemin à droite on va vers Deadwood, le plateau devient une longue pente qui conduit aux deux sommets volcaniques qui forment l’arrière-plan, le Flagstaff, cône presque parfait, et le Barn, énorme chien de garde au-dessus de la mer. Car on aperçoit aussi la mer depuis Longwood, par une échancrure du relief, dans le lointain. Pour mieux suivre à la lunette le mouvement des navires Napoléon s’était fait construire en 1820 une sorte de guérite à laquelle les ouvriers chinois ont donné des allures de petit pavillon de leur pays, mais il l’a peu utilisé. Il sait bien alors qu’aucun bateau n’arrivera d’Europe avec une bonne nouvelle.



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